« Courageuses sanctions épiscopales contre des politiciens pro-avortement »

Source : Bulletin Les Nouvelles de Droit de Naître, avril 2004

La nouvelle s’est répercutée dans le monde entier comme une bombe : Mgr Raymond L. Burke, alors évêque de La Crosse (Wisconsin), a ordonné à ses prêtres de refuser la communion à trois personnalités politiques catholiques à cause de leurs positions publiques en faveur de l’avortement.

Depuis qu’il a accédé au prestigieux siège archiépiscopal de Saint-Louis, Mgr Burke persiste et signe. Il a déclaré à la presse que si le candidat démocrate [John] Kerry, catholique, se présentait à la table de communion, il refuserait de la lui donner. « Je lui donnerais une bénédiction ou autre chose similaire », affirme-t- il. Mais, insiste-t-il, « je devrai l’admonester pour qu’il ne se présente pas pour recevoir la communion ».

Ces mesures n’ontpas été intempestives. Avant d’envoyer la notification au clergé de La Crosse et de la faire publier dans le journal diocésain, Mgr Burke avait envoyé des lettres privées aux trois législateurs concernés en les invitant à un dialogue autour de leurs prises de position en faveur de l’avortement. Aucune des trois personnalités politiques n’a voulu accepter l’invitation pour une rencontre personnelle avec le prélat et leur correspondance révélait qu’ils n’étaient pas disposés à changer leur façon de voter en matière d’avortement ou d’euthanasie.

La notification ainsi qu’une lettre pastorale qui était déjà en préparation devenaient de ce fait indispensable.

Dans cette dernière Lettre pastorale aux fidèles de La Crosse, Mgr Burke affirme que beaucoup de catholiques ont mal compris la séparation entre l’Eglise et l’Etat, imaginant que la Parole de Dieu n’a pas d’application politique et que leur conscience et leurs opinions politiques n’ont pas à se laisser guider par la foi et la Loi de Dieu qui exigent la défense de la vie et de la dignité humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

Il ne s’agit pas, poursuit-il, d’une question de société parmi d’autres, car la vie est le bien fondamental et la condition pour la jouissance de tous les autres biens. Les catholiques ne peuvent pas se leurrer et penser qu’il suffit d’aider les pauvres et les marginaux sans s’engager dans le combat pro-vie.

Si la compassion pour le sort des démunis n’est pas accompagnée d’un respect profond pour la dignité de toute vie humaine, elle peut facilement se corrompre et arriver à soutenir l’avortement et l’euthanasie comme des gestes de pitié envers des personnes en détresse, affirme la Lettre pastorale.

Trop souvent, les hommes politiques qui disent professer la foi catholique justifient leurs votes anti-vie au parlement par le prétexte qu’ils ne sont pas les représentants des catholiques mais de leur circonscription et qu’ils doivent chercher un consensus. A cet argument fallacieux, Mgr Burke répond qu’un législateur catholique est obligé de lutter contre une loi injuste même si la majorité de son électorat est en faveur de celle-ci.

De façon très solennelle et s’adressant directement à ses ouailles lancés dans la politique, Mgr Burke continue : « Encore une fois et de façon plus insistante, moi, en tant qu’évêque du diocèse de La Crosse, je fais appel à tous les catholiques qui ont un mandat politique pour qu’ils fassent un examen de conscience à la lumière de leur obligation de défendre la vie humaine dans toutes ses étapes. Plus encore, je vous demande instamment de vivre l’Evangile de la vie pleinement et fidèlement dans votre activité législative ».

Et, s’adressant à tous les fidèles, il termine en disant : « Je conclus en rappelant que la séparation entre l’Eglise et l’Etat dans notre pays ne peut être compris comme une séparation entre la foi et la vie. Notre foi et nos convictions politiques ne peuvent pas être des compartiments séparés de nos vies ; elles doivent être liées dans une vie qui est vécue intégralement. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne la défense du droit à la vie, fondement de tous les autres droits ».

La Notification contenant l’interdiction de communier, publiée le même jour, était destinée à contrer le scandale public donné par les législateurs « pro-choix » et n’était que la conséquence stricte de la lettre pastorale.

Elle déclare que les législateurs catholiques du diocèse de La Crosse qui continuent à appuyer l’avortement et l’euthanasie ne peuvent pas recevoir la communion tant qu’ils ne renonceront pas publiquement à soutenir ces pratiques iniques.

A la suite de la courageuse mesure prise par Mgr Burke, aujourd’hui archevêque de Saint-Louis, d’autres évêques sont descendus dans l’arène politique pour défendre à leur tour les exigences de la Parole de Dieu.

Ainsi, l’archevêque de la Nouvelle-Orléans, Mgr Alfred C. Hughes, récemment installé lui-aussi, a averti les politiciens catholiques qui soutiennent l’avortement qu’ils ne recevront plus la communion.

Dans le journal archidiocésain, The Clarion, de janvier, le prélat de la Louisiane affirme que les législateurs catholiques qui soutiennent ouvertement le meurtre de vies humaines par l’avortement, l’euthanasie ou la destruction d’embryons, ne participent plus de la foi de l’Eglise et ne doivent pas, en conséquence, participer à la communion.

Il termine en disant que les catholiques qui votent pour ces législateurs aux élections collaborent au mal qu’ils font.

Dans le même sens, après la vigile qui précède chaque année la Marche pour la Vie à  Washington, Mgr Sean O’Malley, archevêque de Boston – ville où habite le candidat démocrate et pro-avortement John Kerry – a déclaré dans un interview : « Ces hommes politiques devraient savoir que, s’ils ne votent pas correctement dans les questions liées à la vie, ils ne doivent pas oser se présenter pour la communion ».